STOP BRADERIE ! NON à la VENTE à la découpe de GLOBECAST


Nouvelle dérive spéculative de la direction d’Orange

SUD RAPPELLE l’importance de l’entreprise Globecast pour les capacités industrielles et la souveraineté nationale, alors qu’elle est menacée de disparition avec l’aval de Bercy. Héritière du Centre des liaisons radio-électriques créé en 1947, puis des investissements publics des PTT, Globecast distribue et diffuse les contenus audiovisuels Orange dans le monde entier. En son sein, 470 salarié·e·s hautement qualifié·e·s, dont la moitié en France, mobilisent un réseau mondial d’infrastructures hybrides de pointe. Celui-ci fonctionne chaque jour 24 heures sur 24 avec 60 unités mobiles et des points de présence et d’opération technique à Paris, Londres, Rome, Beyrouth, Johannesburg, Singapour ou Westlake Village qui relient 125 000 kilomètres de fibres.

► Le téléport de Saint-Assise est sans doute l’unité d’excellence la plus fameuse, certifié Tiers 4 (3 sites en France), niveau maximal délivré par l’organisme mondial TWA et obligatoire pour répondre aux appels d’offre mondiaux. Il détient en outre la rare autorisation d’émettre en IdF auprès de l’Autorité de régulation des communications électroniques, ces équipements sont en capacité d’être mis oeuvre en cas de crise. A noter, comme signalé par un député, que le site est partagé par les transmissions «secret défense» de la Marine nationale (antennes grandes ondes, cédées en 1991 par France Télécom) pour communiquer avec les sous-marins.

► Globecast est ainsi capable d’offrir des moyens sur toute la planète aux diffuseurs, atteignant l’ensemble des audiences internationales ciblées, du streaming aux bouquets satellites ou internet. Au sein d’Orange, elle diffuse les 1 050 chaînes de son bouquet et, pour les ultra-marins, les chaîne du réseau France Télévision outre-mer (FTVO), ainsi qu’une partie de la TNT vers les émetteurs. Le réseau Globecast est mis à contribution dès qu’un téléspectateur regarde les Jeux Olympiques de Paris 2024 (3 milliards de téléspectateurs), le Tour de France, le Festival de Cannes, les moments régaliens comme les débats présidentiels ou les soirées électorales, de la coupe d’Europe de football, la chaîne parlementaire, la Ligue 1, ou encore les courses hippiques par le réseau mondial Equidia. C’est également Globecast qui assure la sécurité des contenus sensibles pour les chaînes qu’elle transporte par le sur-cryptage des programmes pour adultes (Protection surveillé par l’Arcom). Globecast doit mettre les moyens afin d’assurer une disponibilité des programmes avec des interruptions qui ne peuvent dépasser la minute par an). Cette qualité de service a un prix (sécurisations des plateformes et liens) et exige la présence de personnel qualifié 24h/24 ainsi que des services d’astreinte prêt à intervenir (pas une IA). Ce niveau de qualité est incompatible avec le type de fonctionnement d’un fonds financier, qui, lui, va privilégier la rentabilité et économiser sur les coûts. Une simple panne de lien peut entraîner des conséquences importantes, à l’instar de l’incident du 12 septembre 2025 qui a privé de diffusion près de 11 millions d’abonné·e·s. Les risques doivent être appréhendés nécessitant une expertise forte. La fin de la filière médias pour Orange pourrait entraîner la disparition de futurs contrats de connectivité à forte marge. Comme souvent, la liquidation à court terme représente une menace pour l’investissement à long terme.

► En dépit de son utilité sociale incontestable et de ses performances exemplaires, la direction d’Orange a entrepris de céder les parts de la holding Globecast (la présentant auprès des instances comme une « simple vente d’actions ») sans aucune considération pour les éléments cités ci-dessus et pour le personnel en souffrance considéré comme des pions à gérer dans le sens qui l’arrange. Leur inquiétude sur cette vente à un acteur non familier avec l’écosystème des médias signifie la disparition pure et simple de l’entreprise, vendue à la découpe pour maximiser les gains comme nous pouvons le constater, hélas, toutes les semaines dans l’actualité. Cet abandon est le résultat de plus de 15 ans d’une gestion RH délétère de cette filiale que le personnel, par son implication, a pu continuer à faire fonctionner malgré les annonces floues et contradictoires et le déficit de salarié·e·s non remplacé·e·s qui à force fragilise la confiance des client·e·s.

► Ces résultats artificiellement détériorés ont justifié le coup de grâce : la mise en vente. Celle-ci s’inscrit en réalité dans le plan stratégique interne 2030 (un plan quadriennal à très court horizon), qui vise à doper la croissance du dividende d’ici 2028 pour les actionnaires (de 0,79 euros à 0,85 euros, soit 8 % de croissance). Le procédé est inacceptable, puisque l’annonce auprès des médias a précédé la communication aux instances de représentation du personnel (CSE Globecast et CSEC Orange) et au personnel, laissés délibérément dans l’incertitude. Cette destruction de capacité industrielle menace les salarié·e·s, les qualifications professionnelles et la souveraineté numérique.

► ► ► Si le gouvernement a jugé cette société stratégique et détient 23 % des actions d’Orange, SUD ne comprend pas qu’il ait pu valider sa cession aux fonds d’investissement Verdoso. Cela acterait le démantèlement d’une entreprise française de réputation mondiale à intégration verticale, au profit d’un spécialiste de la cession à la découpe qui ne regardera que le chiffre d’affaires à très court terme, cassera les synergies existantes avec Orange et n’a aucune compétence sur l’écosystème particulier en matière de gestion et de transport de médias. Aussi, NOUS demandons s’il compte revenir sur son agrément, en tant qu’actionnaire institutionnel majeur d’Orange, afin de maintenir Globecast au sein d’Orange.

Suggestions de lecture :

  • IL Y A URGENCE - STOP CESSION DE GLOBECAST - lettre ouverte de SUD Télécom IDF