Du haut de son sommet “Choose France” du 1er juin 2026, le président Macron annonce des sommes faramineuses. 93 milliards d’euros d’investissements étrangers : un record pour envahir la France d’immenses entrepôts contenant les data center, en particulier dans 2 régions hyper densifiées : En Île-de-France et dans les Hauts-de-France.
La Directrice Générale, Christel Heydemann a pris la fâcheuse habitude de communiquer dans les médias avant d’en informer et consulter les instances représentatives du personnel d’Orange, une stratégie en quelque sorte du fait accompli, avec cependant des décisions lourdes de conséquences, jamais clairement annoncées dans ses communiqués destinés aux actionnaires, au monde des affaires, comme pour Lead the Future et Trust The Future. Depuis des années, des filiales d’Orange ont déjà fait les frais de ces plans d’investissements : OCS offerte à Canal+, Orange Bank bradée à Hello Bank, et cet été la cession désastreuse de Globecast (spécialiste flux médias) à une entreprise spécialiste de la vente à la découpe, Verdoso.
Et jeudi 10 septembre, après décision prise en huis-clos du Conseil d’Administration, d’associer Orange à un fonds d’investissement néo-zélandais, la direction informe les élu·e·s du CSEC de sa volonté de créer une co-entreprise avec l’investisseur Morrison. Le prétexte avancé : pour financer soi-disant le développement de ses propres data centers,et favoriser la “croissance, l’innovation et l’emploi en France".
La prédation et le cynisme des capitalistes est sans limite. Plus proche des sphères financières américaines qu’européennes, Morrison ne manquera pas de profiter de cette alliance pour piller non seulement cette activité “croissante”, mais surtout l’essentiel : la richesse des salarié·e·s d’Orange fort.es de leur savoir-faire, leur expérience, leurs connaissances, leur métier en somme.
Il est invraisemblable qu’avec l’engouement aujourd’hui pour les IA, le cloud, les flux numériques, Orange se sépare de filiales et aujourd’hui remette en cause une activité interne aussi stratégique que le stockage des données. Il n’est pas acceptable que le redimensionnement de 5 Data Center d’Orange soit l’occasion d’une spéculation financière sur ces nouveaux équipements situés sur 4 sites : Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), Chevilly-Larue (Val-de-Marne) , Val-de-Reuil (Eure) et Chartres (Eure-et-Loir)
La nouvelle co-entreprise profiterait essentiellement à Morrison, et Orange perdrait l’exclusivité sur la maitrise de ses propres équipements. Ce serait-là l’occasion d’un entrisme étranger au sein même des centres de données d’Orange. Comment pourrait-on revendiquer une cybersécurité de pointe quand son stockage serait ouvert à tout vent et géré par une direction bicéphale ? Orange offrirait ainsi un pied à terre à la spéculation sur le numérique, aux seuls intérêts des marchés financiers. Une perte de contrôle donc… sur les équipements, la gestion des stockages, des flux, des contenus, confiant ainsi l’accès aux données privées et publiques à une entreprise extra-européenne.
Quant à l’empreinte écologique des Data Center, leur prolifération au niveau mondial est scandaleuse (artificialisation exponentielle des sols, gaspillage d’eau, surconsommation d’électricité…).
En effet, ce projet de “co-entreprise” est une manœuvre qui permet de subvenir aux besoins faramineux en stockage de données de Morrison.
SUD exige que les limites du projet s’arrêtent aux seuls besoins d’Orange, en termes de stockage de données, pour que son empreinte carbone soit la plus faible possible. Outre d’être un fardeau économique à venir pour l’entreprise, Morrison serait de surcroît un fardeau écologique inutile et inacceptable.
L’eau du bassin de la Seine, l’énergie du Bassin parisien, les terres de l’Ile de France ne doivent pas être des conquêtes de ce fonds d’investissement prédateur.
Cependant, il ne faudrait pas sous-estimer la contestation qui enfle un peu partout. Aux USA, dans des dizaines d’États, comme la Virginie, New York, la Californie ou le New Jersey, des riverains et des élu·es locaux s’opposent fermement à ces data center, en raison de la hausse de leurs factures d’électricité et de la surconsommation d’eau démentielle. Au Chili, en Irlande, aux Pays-Bas, c’est l’overdose. En France, les mobilisations citoyennes et écoféministes dénoncent également le coût environnemental de l’IA et des data center, au détriment du vivant. L’opposition s’accentue contre l’expansion de ces bâtiments inertes, énergivores, méga bruyants, pollueurs…
La direction d’Orange peut toujours parler de “*souveraineté numérique” nationale, voire européenne* à qui veut l’entendre, pendant qu’elle accélère le démantèlement de cette entreprise, qui, pour elle, n’est autre qu’une marchandise, des actifs boursiers. Personne n’est dupe, le souverainisme, dans lequel les dirigeant·es d’Orange se drapent, est en réalité au service de politiques extractivistes, polluantes, criminelles, menées par des industriels assoiffés de pouvoir, aux relents impérialistes.
SUD exige :
- Un moratoire sur l’IA, et sur le développement des Data Center ;
- L’abandon de ce projet néfaste pour l’emploi des collègues concerné.es, néfaste pour l’environnement (gaspillage d’eau, surconsommation d’énergies, bétonisation des terres, nuisances sonores, etc.) ;
- Le rétablissement de toutes les règles européennes et françaises obligeant les entreprises à prévenir et réparer les atteintes qu’elles causent au climat, à l’environnement, à la santé et aux droits humains ;
- Une véritable indépendance numérique.

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